Ni pute, Ni soumise, et je t’encule…

         débile

Je commence à sentir une vive douleur dans le mollet droit, je réalise que depuis tout à l’heure ma jambe bât la mesure d’un titre de hard métal super trash. Comme si j’étais un batteur en concert au stade de France et qu’il fallait battre un record mondial à la double pédale. Et puis mes doigts aussi, ils tapent tout aussi vite sur le rebord de mon Acer TravelMate 7730 (que je vous déconseille fortement soit dit au passage).

 Ce sont ces indices, ces tiques nerveux qui me font prendre conscience que je suis dans un sale état de nervosité. Nunuche et jupe courte / talon aiguille ne mouftent pas depuis que je suis dans le bureau (un autre indice du niveau de tension). J’ai comme l’impression que le « j’ai envie de lui déchausser les dents » les ont un peu calmé. Nunuche me fait ses plus beaux regards compatissant, elle en fait des caisses pour me dire que ce n’est pas si grave, mais je n’arrive pas à me détendre.

 J’ai parfois l’impression d’être le borgne au milieu des aveugles. J’ai l’impression d’être intelligent parce que mon minimum de culture écrase celui des mes 60 collègues de travail. Mais mon boss n’est pas seulement aveugle, il cumule la cécité avec le syndrome de Gille de la Tourette et l’autisme le plus profond. J’aimerais vous dresser un portrait réaliste, fidèle de la vérité quotidienne mais vous ne me croirez pas. Passionné de moto, de camping car, de joli p’tit cul de moins de 19 ans. Quinquagénaire mal dans sa peau, qui cache maladroitement sa calvitie très avancée, marié mais avec compte séparé, avec une femme buveuse de bière de 25 ans de moins que lui… Pour faire simple il est aussi grand qu’il est con, et doit faire bien deux têtes de plus que moi.

 Ce grand con sans la chaussette noir (puisque blanche à rayure comme l’ensemble des jeunes sportif) à pris une décision stratégique sans mon accord. …. Je vous arrête, oui, je ne suis pas le boss, mais je suis responsable de la mise en place de sa décision, et du résultat qui s’en suivra. Alors, forcément, mon cœur marteau et faucille s’emballe, tapage du pied et des doigts. Je mets sur papier toutes mes idées, tente de ne pas décider sous le coup de l’émotion, écoute les contres arguments. Mais j’en viens toujours à la même conclusion : INSURRECTION.

 Comment mettre en place un projet quand je sais qu’il aboutira à démonter que ce que j’ai mis deux ans à construire, alors que nous n’avons jamais eu d’aussi bons résultats? Pourquoi suivre son idée, celle qu’il m’impose de façon totalitaire? Alors je me soulève, je lui dis fièrement mon opposition à son projet, il me répond que c’est lui qui décide dans cette entreprise, c’est lui le patron et je n’ai qu’a lui obéir… Pourquoi ai-je la sensation qu’il m’enfonce sa bite jusqu’au plexus ? Moi pute industrielle ? Faire l’opposé de ce que en quoi je crois le plus profondément, et juste pour de l’argent ? A mes yeux c’est clairement faire la pute, c’est la prendre au fond de la bouche, et avaler son orgueil (au minimum) pour prendre les billets sur la table de nuit à la fin du mois…

 Je ne suis pas obligé de lui obéir, non, je ne suis pas obligé de faire la pute. Je fais le choix de maintenir haut la tête, merde à ceux qui penseront que je ne suis qu’un enfant gâté, merde à ceux qui ne comprennent pas qu’un patron n’est pas le seul à décider. Il y a des putes du travail plein les rues, et un autre viendra sucer à ma place cette bite capitaliste. Je mourrais professionnellement au combat, jambes qui tremble et postillons qui fusent tellement je défendrais mes principes, mes valeurs, ma position. Rester fidèle à mes engagements peut importe les conséquences. Mes valeurs, c’est la seule chose qu’il est impossible de me retirer.

 Mais dans cette tourmente, j’ai quelques appuis, et je ne désespère pas de voir après l’explosion, les morceaux de chair m’éviter presque magiquement, et sur un coup de poker magistral en sortir plus fort et plus puissant…

 

Jack, Corbeau tombé au combat industriel. (enfin, presque…)

3 commentaires à “Ni pute, Ni soumise, et je t’encule…”


  1. 0 Profit 26 mar 2012 à 18:08

    Ah la la les joies du travail.
    je serai quelqu’un qui s’en ficherais je te dirais: « Ouais vas y dégomme lui sa grande gueule de con et reprend ta liberté »

    Mais je préfère te dire: « Prend garde à toi Eddard Stark »

    Il est vrai que se rabaisser est une chose humiliante car le roi aime le faire devant les autres sujets pour faire un exemple.

    Mais la liberté n’a jamais le gout qu’on aurait pensé et finalement la soupe du prisonnier n’était pas si mauvaise.

    Si tu dois mener un bataille, réfléchie à ta stratégie d’attaque. Si tu sens que tu vas perdre la guerre, organise ta retraite car sinon hors du royaume tu seras peut être libre mais affamé.

    Mais c’est juste un conseil d’ami.

  2. 1 jackcorbeausauvage 26 mar 2012 à 22:22

    …T’as lu le titre : ni pute, ni soumise…

    …Et, oui, j’ai une stratégie, de défense, parce que l’attaque elle est déjà partie…Enfin, quand je dit défense, c’est plutôt de repli…

  3. 2 erato 27 mar 2012 à 1:05

    ….ce combat qui fait tant partie de toi, c’est comme s’il était déjà gagné, quelle qu’en soit l’issue, ce flamboyant coup de poker peut-être ou la liberté de t’élancer vers des sphères où l’étroitesse de l’autoritarisme ne pourra plus prétendre rogner tes ailes….

    ….il y a ce sale moment où le ventre se creuse sous le flot d’adrénaline, comme quand le pied manque une marche, bien sûr…cela se saurait si les beaux combats se faisaient sans lutte….mais après ….après il y a la paroi, sortir de la voie, et le monde sous ses pieds….

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