Moment de grâce…

katanaDimanche, je suis réveillé par le bruit de forêt et de lumière douce de mon Galaxy S. Même si c’est un réveil en douceur, 6h15 un dimanche ca pique tout de même. Je dépose un doux baiser sur l’épaule dénudée de ma douce. Je glisse sur le coté, met les pieds dans mes charentaise aussi laide que chaude, je me décrotte les yeux, me frotte le visage et me motive pour cette dure journée.

 Un café cracotte nutella et une douche plus tard, je suis dans ma charrette japonaise à filer comme le vent sur l’autoroute, j’en ai pour 3 heures avant d’arriver au stage. Je passe prendre mon beau-frère (sans être un beauf, j’ai quand même un beau-frère, ce qui est logique quand on a une sœur mariée…).

 Après quelques débats enflammé sur les ouvertures de l’esprit, les états modifiés de conscience, l’hypnose Ericksionniene et l’école Palo Alto nous arrivons à notre petit village de Corèze assister au stage d’arts martiaux d’un 5éme Dan peu connu. Ce mec à sollicité mon Senseï pour faire parti de notre fédération, étant à l’étranger il m’a très officiellement (c’est-à-dire à la rache, au milieu de la forêt thaïlandaise) nommé « représentant de l’école », n’oubliant pas de me rappeler de respecter scrupuleusement l’étiquette, d’être super carré et tout de même sympa (même si pour ca il ne se fait aucun souci…) Dommage pour mon image de clown de service.

 Je prends ma mission de diplomate super à cœur. Je sors le jean classe, la chemise impec, l’impair noir et l’écharpe grise, on dirait un membre des expert à Miami (le soleil en moins). On arrive sur le parking, grand sourire, grande poignée de main, le contact passe bien, on va pouvoir sortir les tenues de combat et passer à peu d’action.

 On ne connaît personne, je ne sais rien de ce stage, mais bon, je suis à l’aise, tranquille, y’a de la ceinture noire de partout, un peu de tatouage de ci de là, et une seule moustache (détaille étonnant). Le « maitre » demande à chaque « senseï » représentant de son école de le rejoindre. Première nouvelle, c’est un stage multi discipline. Alors je m’avance, deuxième nouvelle, chacun fera 40 minutes de cours. C’est cool j’avais rien prévu…

 Je pensais être un peu dans la merde, et puis le karaté à débuté, on a vu deux coup de poing en 40minutes…Ensuite le judo, on a fait des roulades comme en CP, puis du Ju-Jutsu made in Corrèze, là c’était limite dangereux. Mais bon, je suis rassuré, impossible que je fasse pire qu’eux. On part manger, on me dit que je prends le cours à la reprise. Ok, va falloir envoyer du lourd…

L’échauffement fini je m’avance sur la surface de tatamis assez gigantesque, il doit y avoir une quarantaine de personne devant moi, je vois le ricanement des autres profs, c’est une mise à l’épreuve, c’est clair. Je commence à sentir l’excitation monter, j’adore ces moments où j’ai grave la pression, où je sais que je suis jugé, même plus encore que mon école entière est jugée à travers moi… Je choisi de leur montrer une défense sur une attaque de front au couteau. Je demande au fils du « maitre » de m’attaquer, il est vif, jeune, et j’ai vu qu’il y aller franchement.

 Il est à trois mètre de moi, je dois calmer tout le monde dans ce mouvement, je dois mettre tout le monde d’accord sur le fait que je suis le plus fort dans cette salle, je ne veux pas me prendre la tête à la discussion, je veux aller au plus simple, au plus expéditif. Il faut que ce mouvement soit parfait. Il cache le couteau derrière son dos, mais je sais qu’il le tien main droite. Je descends bas sur mes appuis je vais l’esquiver en faisant un demi tour, si je ne suis pas fort sur mes jambes il risque de m’entrainer avec lui.

 Son orteil blanchit quand il prend appuis sur le tapis, il arrive vite, le bras toujours caché (le petit con), il frappe en pique assez fortement, plein ventre. Je tourne les hanches d’un quart, le temps que le couteau frôle ma veste. Je laisse glisser ma main gauche sur son avant bras et j’avance mon pied arrière dans le même temps. Avec son élan il se trouve sur mon coté, je ramène l’autre pied derrière en faisant un demi tour, j’en profite pour le percuter avec ma hanche tout en bloquant son coude sur mes cotes. Ce mouvement sec lui fait décoller à peine les pieds, il retombe. Nous venons en un éclair d’échanger nos places.

 C’est maintenant que j’envoie tout ma force dans les jambes, il faut que je l’empêche d’aller sur l’arrière, je tire sur son bras, son corps est en retard. Je passe dessous son bras, fait demie lui gratifiant les côtes d’un coup de coude au passage. Tout en souplesse, tout en fluidité et en relâchement, mes doigts glissent jusqu’à sa main, jusqu’à sentir la partie charnue de la paume, je ferme les yeux, me concentre sur la tension musculaire de son bras. Je tranche, sec, monte son poignet en le tordant. Vers l’aisselle, vers le haut, et en rotation, je sens son corps entier se contracter, j’ouvre les yeux, il a les talons décollé du sol, il souffre. Je le laisse dans cet état moins d’une fraction de seconde, juste le temps nécessaire à son cerveau de se concentrer sur la douleur, et ne pas voir que je suis déjà reparti dans un autre demi tour.

 Je tiens son poignet au dessus de la tête, je maintiens une légère la tension pour qu’il sente une douleur diffuse. Je me relâche entièrement pour faire le même mouvement que celui avec le sabre quand je coupe des bambous. Si une seule contraction de muscle vient parasiter ce mouvement je ne pourrais pas faire bouger l’ensemble de ses os. Je vais faire exactement avec sa colonne vertébrale ce que vous faites avec votre serviette sur la plage quand vous la secouer. Je sabre, crac, je viens de lui remettre une cervicale. Je descends très bas sur mes appuis, sa tête s’arrête à 1cm de mon genou. Il réalise qu’il vient d’échapper de peut à un nez brisé, que je termine déjà le mouvement avec une clef d’épaule au sol.

 Je récupère le couteau, ses pieds se lèvent, la tension parcours son corps, la douleur l’empêche de bouger. Je relâche, je me relève en garde. Cet enchainement n’a pas duré dans le réel plus de deux secondes. Un silence de mort règne dans la salle. Je vois beaucoup d’yeux écarquillés et de bouches ouvertes. Je suis content, je suis parvenu en deux secondes à montrer à tous ce qu’est mon école, je n’ai pas besoin d’ajouter autre chose.…


Jack, Corbeau Saillant quand il s’y met…

1 commentaire à “Moment de grâce…”


  1. 0 David 17 fév 2012 à 13:00

    Sugoi !

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Jack Corbeau Sauvage

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